Travaux en cours
Le capitalisme total - Jean Peyrelevade
La lutte contre le capitalisme est fort ancienne. Le XIXe siècle s’est illustré par sa guerre sociale, marxistes et autres anarchistes ne révaient que du « grand soir ». Mais, à l’aube du XXIe siècle, la victoire du capitalisme est totale...
Mieux depuis l’effrondement du mur de Berlin en 1989 il étend son aire à la terre entière. Cependant ce capitalisme n’a plus grand chose à voir avec celui de son lointain ancêtre. Il s’est profondément transformé et les diatribes, bien actuel, de nos alter mondialistes s’adressent à une forme dépassée. Peyrelevade dans ce tout petit ouvrage veut nous le montrer tel quel.
Le capitalisme est tout entier contenu entre quelques mains, celles d’actionnaires, très puissants qui disposent de tous les moyens. En quelques chiffres, Peyrelevade nous décrit l’importance de ce capitalisme financier. "300 millions d’actionnaires qui se partagent 85% du PIB de la planète, soit 5% de la population mondiale. Mais parmi eux, quelques 70 000, "ultra high net worth individuals" ou "ultra- riches" détiennent 15% de la richesse du globe". Ils ont tous les pouvoirs et notamment de commander les entreprises commerciales ou industrielles. Les fonds de pension américain joue un rôle fondamental en imposant des seuils de rentabilité invraisemblable à l’économie du monde. "Le monde économique est dirigé par les retraités, ils commandent notre activité présente."
Rien n’échappe à ce maleström. Les chefs d’entreprise ne sont plus que des salariés, certes de luxe, mais ils sont également soumis à la règle du profit à tout prix et leur turn over s’accèlère avec l’accélération de l’économie. "L’intendant du domaine" doit "donner rapidement satisfaction sinon il est exclu"."Le règne des actionnaires est devenu absolu."
Cette soumission a bien entendu des effets pervers le plus notable étant de détourner les investissements nécessaires vers de simples profits en bourse. Seule la rentabilité de l’action prévaut.
"Que faire ?" comme nous le propose Peyrelevade, et bien d’abord et avant tout sortir des ratiocinations nationales, fussent-elles celles de brillants intellectuels, pour prendre en compte les transformations de ce capitalisme. Restaurer la règle de droit, un droit mondialisé car "La seule, l’unique solution pour fabriquer de la régulation est de réinventer le politique".
Éd. Seuil, La République des idées, 93p. , 10.50 €