Actualités

09 février 2012
Florence Gourlay présentera son ouvrage "Atlas de la Bretagne" en seconde partie de la séance plénière du conseil de développement du 9 février prochain
09 février 2012

Lors du bureau du Conseil de développement du 9 janvier dernier, il a été décidé de réunir tous les membres pour des séances de travail sur trois grands thèmes :

le Pays de Lorient en Bretagne,

la culture en partage

l'économie verte.

L'objectif sera de créer les groupes et de mieux définir les contenus des thémes.

Rendez vous à la CCIM le 9 février à 18h00


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Travaux en cours

Le ghetto français - Eric Maurin

27 juin 2007

Eric MAURIN, économiste, nous introduit au coeur des ségrégations sociales qui nourrissent notre société. Si même l’idée de ghetto est une évidence pour envisager les quartiers défavorisés nous ignorons qu’il est, en fait, présent partout, au plus prés de nos voisinages.

Eric Maurin - Le ghetto FrançaisEst-il besoin de rappeler que le ghetto,l’ancien quartier de Venise,est devenu une figure symbolique de notre modernité ? Hier, lieu où l’on parquait les juifs avant de les conduire à l’extermination, il a pris aujourd’hui un sens légèrement différent, il incarne la rélégation de la pauvreté à la périphérie de nos villes.

Pour E. MAURIN la ghettoïsation ne s’arrête plus là, elle est l’essence même de nos sociétés, de nos comportements. Aux quartiers pauvres répondent les quartiers riches. De ces deux extrèmes, personnes ne s’étonnera et biens des exemples nous viennent naturellement à l’esprit.Il nous suffit de songer à Paris, ville emblématique s’il en est, pour constater que pauvres et riches n’habitent pas les mêmes endroits.Du XVIè arrondissement aux banlieux ouvrières la distance est d’abord économique et si les ouvriers ont été chassé de la ville depuis longtemps déjà, l’actualité nous apprend que c’est au tour des classes moyennes, fussent-elles aisées, de subir le même sort. Rien de surprenant, c’est à peine scandaleux dans une société démocratique et libérale.

Cependant E. MAURIN nous apprend que ce phénomène est général, il touche l’ensemble de nos pratiques. Le ghetto est à notre porte. Le contexte résidentiel, pour reprendre les mots de l’auteur, joue un rôle essentiel dans ce jeu d’évitement social auquel nous nous préterions tous. Le prix du terrain est un facteur déterminant de nos choix et il conduit inévitablement à s’agréger à son semblable, celui qui peut disposer des mêmes disponibilités financières. Mieux ou pire, c’est selon, nous tendons à nous éloigner du plus proche.Diplômes, revenus, origines, tous ces facteurs contribuent à créer une osmose sociale. On se retrouve absolument entre soi.Fraternité du même, elle nous enferme également dans une vision identique des choses et du monde.

E. MAURIN nous montre que l’école est un des enjeux de cette sélection sociale. On choisit le collège de ses enfants en fonction de ces performances, il peut ainsi déterminer le lieu d’habitation. L’homogénéité est à chaque fois la plus grande possible.

La réhabilation des quartiers les plus deshérités ne casse en rien ce mécanisme de ségrégation. La pauvreté reste alors marquée territorialement. Il s’agit plutôt de reconstruire une mixité de l’espace géographique, de signifier la volonté démocratrique dans une politique de la ville plus volontaire.

Certes cette dérive s’est installée par aveuglement, dans le droit fil des trente glorieuses,de l’urbanisation de cette période dont on s’évertue aujourd’hui à corriger les plus extrèmes défauts (destruction de tours des années 60).

Le livre d’Eric MAURIN insiste sur l’ampleur du problème.La démocratie est l’espace ou elle n’est pas !

Ed. La république des idées, Seuil, 10.50 €