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Les désordres du travail - Enquête sur le nouveau productivisme
Nous vivons à l’ère de l’informatique, de la virtualité ou l’effort physique semble de plus en plus absent... Du moins en apparence. La thèse, ici développée,nous laisse entendre à peu près le contraire.
C’est bien du corps qu’il s’agit, d’un corps au travail et d’un corps qui souffre. Aux antipodes de la vogue psychologisante ASKENAZY nous rappelle aux conditions les plus élémentaires du travail.
Sans nier pour autant la pression mentale que l’on peut subir il nous montre que les trente cinq heures ont accentué la productivité. Le temps se contraint et s’accélère. Or c’est aussi un temps physique. Que dire, par exemple de la manutentation du libraire qui de surcroît doit répondre aux exigences du client sous un éclairage évidemment artificiel ? La flexibilité est à l’ordre du jour, elle se fait à un rythme soutenu. Ce dynamisme frénétique n’est pas sans conséquence, il meurtrit corps et âmes. Usure et fatigue conduisent à des pathologies loin d’être anodines.
Est-ce une logique des temps modernes dont on percevrait seulement maintenant l’importance ? Peut-être si l’on veut bien admettre que les Etats-Unis ont depuis longtemps déjà réagi. Un travailleur coûte cher et il coûte moins cher de le maintenir en forme que de le soigner ! Le capital à toujours sa raison d’être et là elle sert l’intéret de ceux qu’il utilise. L’ergonomie n’est pas une vue de l’esprit mais bien une réalité, elle s’incrit dans tous les actes du travail.
En France la prise de conscience est tout à fait récente et les syndicats, sur ce point, ont été trés long à prendre acte de ce phénomène. On espère que ce livre permettra d’avancer sur ce problème !
Philippe ASKENAZYEditions La république des idées, Seuil. 10.50 €