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09 février 2012
Florence Gourlay a présenté son ouvrage "Atlas de la Bretagne" en seconde partie de la séance plénière du conseil de développement du 9 février dernier
09 février 2012

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Travaux en cours

La société de défiance - Yann ALGAN et Pierre CAHUC

04 février 2008
Cet « opuscule » comme le nomme les auteurs, chercheurs en économie au CEPREMAP (Centre pour la Recherche Economique et ses Applications) nous explique que la méfiance dont font preuve les Français à l’encontre de leurs concitoyens est génératrice de dysfonctionnement important aux coûts significatifs.

Plus que d’autres les Français adoptent une attitude de défiance, défiance généralisée qui touche à tous les aspects de la vie quotidienne. Défiance à l’égard de la justice, du Parlement, des syndicats...Défiance qui se conjugue avec un fort incivisme. Défiance et incivisme marchent de pairs et s’ils caractérisent le modèle français ce n’est pas pour autant comme on serait tenté de le croire un trait inscrit de tout temps dans nos mœurs. Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale au moment où se met en place « le modèle social français construit sur des bases corporatistes et étatiste » (15 p.) avec pour corollaire une indigence du dialogue social et une absence de confiance dans le marché et de la solidarité. L’etat qui décide de tout favorise le chacun pour soi, la défense de ses intérêts propres au détriment de l’intérêt général.

L’un engendre l’autre, le déficit de confiance contribue à accentuer le rôle de l’État qui prend en charge la régulation sociale. Constat terrible étayé par de nombreuses comparaisons illustrées par des diagrammes. La mesure de notre dissentiment est une mesure qui a du prix. Le coût n’est pas strictement symbolique, il est aussi économique. Pour les auteurs, les dysfonctionnements , les raideurs et autres raidissements constants des différents acteurs sociaux nous auraient coûté près de 5% en termes de PIB soit 1500€ par personne.

La solution ? C’est bien sûr le rétablissement du dialogue social à l’image de ce que souhaite la CFDT mais une CFDT beaucoup trop isolée pour changer significativement la donne. Sur ce point, nos deux auteurs rejoignent le sentiment général sur la nécessité de réformer en profondeur la société et sur l’urgence de ces transformations. Le resserrement de l’écart des salaires, une négociation permanente, un État moins présent sont les pierres philosophales d’un nouveau système social basé cette fois sur la confiance et un partage intelligent des choix. À ce compte, on peut mesurer le chemin à parcourir !

Je ne saurai trop vous inviter à lire cette analyse dont la richesse et l’intérêt se mesure dans chacun des exemples choisis (les diplomates français à New York se montrent parmi les moins civiques loin derrière la plupart des Européens !).

Édité par les Éditions Rue d’Ulm, il est téléchargeable gratuitement sur le site : www.presses.ens.fr